Tout d'abord, musique d'ambiance.
19h07, l'air s'engouffre dans les portes du RER. Je frissonne et titube, on m'expulse, bouscule, dégage. Je suis happé par la masse ambiante. Ambiance d'apocalypse urbaine, ou quand la lumière blanche m'aveugle, tunnel et tourbillons de journaux, voluptes de pensées et nuages de fumées.
Nous marchons tous vers les portes-battantes, requiem de la fatigue. Bam, bam, bam.
Debout. Amassés. Les yeux fixés sur le panneau d'affichage, tel un autel rythmant la monotomie de nos pas par un cliquetis angoissant. Je suis encore en avance, commande un café et m'impatiente.
Trop amer. Je marche vers la salle d'attente, laissant la trompette de monsieur Armstrong m'insuffler la vie au creux de l'oreille. Un souffle de jazz parcours mon échine...
Assis, la musique de mon casque remplit la pièce. Le Clair de lune remplace les néons qui éclairent froidement mon visage, et nous sommes là, notes sur la portée, regards dispersés dans un fleuve de mélodie suivant Debussy.
J'ai froid, putain de clim.
Alors je sors, déjà la porte franchie que la frénésie humaine s'agite autour de moi, on me transporte de part en part de la gare.
Les yeux fermés, ma main bat la mesure, mon corps balancé par les allées-venues des gens. Debout. Amassés.
Je sens la vie qui me frôle à maintes reprises, passants pressés qui ont oubliés le temps de s'arrêter.
Jingle d'annonce, me fait sortir de ma bulle, j'ouvre les yeux.
"...train à destination de Bordeaux est annoncé avec 20 minutes de retard, merci de votre compréhension..."
Putain de Sncf.C'est ni du grand-art, ni du Baudelaire, c'est un texte qui n'est même pas finit mais je suis quand même content de le publier.
Bon, j'vous laisse quitter des yeux ma prose à deux knackis-balls et retrouver vos diverses occupations.